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Avec Chacha <3

# Posté le dimanche 05 avril 2009 09:52

Modifié le jeudi 16 avril 2009 15:13

Début [...]

Début [...]
Coucou tout le monde !

Vous me connaissez d'iicii

Maiis, sans l'arrêter, j'aii eu enviie de changer.

Cette fiic ne sera pas sur Tokiio Hotel xD

Elle sera un peu plus terre à terre que l'autre ^^

Voiilà, c'est à peu près tout ce que j'avaiis à diire !

Sur ce, bonne lecture et n'oubliiez pas que quelques coms de temps en temps, ça faiit toujours plaiisiir ;)

mon blog perso xD un peu de pub, ça faiit pas de mal xD











PRESENTATION DES PERSONNAGES PRINCIPEAUX




ERWAN : il a 18 ans. Il est un peu androgyne, avec des yeux bruns profonds et des cheveux châtains qu'il fait pousser un peu asymétriquement, partant dans tous les sens. Il aime bien porter des chapeaux, il en possède d'ailleurs une collection assez impressionnante. Il ne porte pas beaucoup de bijoux à part son bracelet de naissance, son médiateur porte-bonheur autour du cou et une grosse chaîne qu'il ne quitte jamais. [vous verrez pourquoi ^^]
Il joue de la guitare depuis qu'il a 5 ans et aime bien dessiner, avec une préférence pour les caricatures des gens qu'il n'aime pas. Quand il se sent seul ou s'ennuie, il écrit. Il écrit n'importe quoi, tout ce qui lui passe par la tête. Sa chambre sent toujours l'encens au thé blanc et est constamment en bazar. Seul lui peut s'y retrouver ^^. Il aime bien changer sa déco sur un coup de tête : changer tous les meubles de place, les posters, repeindre...
Sinon, côté caractère, il est assez sur ses principes à lui. S'il dit qu'il n'aime pas une chose, impossible de le faire changer d'avis, il restera sur son idée. C'est un peu sa faiblesse car à cause de ça, il n'est pas beaucoup ouvert aux autres et au monde extérieur. A côté de ça, il peur être très calme et mélancolique.
Il vit seul, ses parents sont morts dans un accident.


KIRA : il a presque 18 ans. Son style est plus ou moins spécial. Il ne sort jamais sans sa veste en cuir et sa chaîne sur le côté. Il est plutôt vêtement près du corps. Il a les cheveux noirs qu'il entretient dans un dégradé mi-long, près de son visage mais de temps en temps, il aime bien tous les relever sur sa tête avec grand renfort de gel et de laque. Il porte toujours des bijoux, assortis à ses vêtements mais il pourrait s'en passer. Il a un cheval et, quand il est triste, c'est à lui qu'il se confie. Il peut tout lui dire, il sait que, lui, il ne le jugera pas et l'écoutera toujours. Il est noir et s'appelle Ebène. Il lui arrive de faire quelques concours mais plus pour le plaisir que pour l'envie de gagner. Ses parents gèrent un grand haras de chevaux de courses donc, ils n'ont pas beaucoup de temps pour s occuper de lui mais il s'en fiche car, depuis quelques temps, leurs rapports se détériorent de plus en plus. De plus en plus de disputes et de crises de nerfs. Au premier abord, on peut croire à un garçon réservé mais en fait, il est plutôt provocateur. Il dit les choses ouvertement, sans craindre de blesser la personne. Par contre, dans une dispute ou autre, il sait garder son sang-froid et ne hausse jamais le ton plus que nécessaire. Il sait aussi se battre et n'hésite pas à le montrer.







PROLOGUE

Deux adolescents qui ne se connaissent pas. Ils ne se sont jamais vus et ne se doutaient même pas de l'existence de l'autre.
Mais un jour, tout va changer.
Une rencontre.
Une amitié.
Des bons moments, et des moins bons.
Mais surtout, une vérité.
Une vérité qu'il va falloir accepter et vivre avec.
Vivre... au moins le temps qui lui est compté.
De toute façon, « il » n'a pas le choix.

# Posté le dimanche 30 septembre 2007 12:33

Modifié le mardi 11 mars 2008 10:21

CHAPITRE 1

CHAPITRE 1
POV Erwan

Il est 8h00 mais je n'ai déjà plus sommeil. La lumière filtre à travers les rideaux comme des cheveux d'ange, caressant doucement mon visage d'une chaleur matinale et agréable. Je passe la main dans mes cheveux ébouriffés, prends une profonde inspiration et me lève de mon lit.

C'est mon dernier jour de travail, après c'est les vacances.
Les vacances...
Je n'aime pas tellement ça car je n'ai rien à faire à part voir des amis de temps en temps quand ils viennent ici, c'est à dire très rarement en fait.
Je n'ai pas assez d'argent pour partir...
Ma famille (enfin, ce qu'il m'en reste) me donne bien quelque chose mais je préfère l'utiliser à des fins plus utiles.
Donc, je pense que ces 2 mois de vacances vont se dérouler d'une manière lente et monotone.
Sinon, je pourrais peut-être me trouver un job d'été.
Peut-être...

En ce moment, je travaille comme vendeur dans une boutique de fringues. Ce n'est pas très bien payé mais ça me convient. Je commence à 10h30 et finis à 16h45 avec une pause déjeuner donc, ça ne me prend pas tout mon temps non plus.

Je jette un coup d'½il à ma guitare, qui n'a pas bougé depuis la dernière fois que j'en ai fait, c'est à dire hier soir. Souvent, avant de me coucher, je la prends et je gratte des airs doux et calmes qui me viennent à l'esprit.

Me dirigeant d'un pas nonchalant dans la petite pièce qui me sert de cuisine, je me prépare un café. Je n'ai pas très faim, je ne suis pas un gros mangeur. Plutôt le contraire à vrai dire. Quand je suis instable psychologiquement, il m'arrive de me faire vomir. Mais c'est rare, il faut vraiment que j'aille mal, ce qui n'est pas le cas en ce moment.

Mon maigre petit-déjeuner avalé, je me prépare et sors.

Il est à peine 10h00, je suis en avance alors je m'assois sur un banc isolé dans un parc et j'allume mon i-Pod en laissant mon esprit vagabondé vers des pensées plus ou moins sombres.
Les branches des arbres s'agitent en rythme, bercées par la brise matinale qui refroidit un peu l'air, en cette première matinée d'été.
Le soleil pointe doucement mais sûrement le bout de ses rayons chauds de l'horizon. De l'autre côté, la lune s'apprête à partir mais pas pour longtemps, car, comme tous les soirs, elle réapparaîtra, toujours aussi belle et lumineuse.
Un sourire éclaire lentement mon visage.
Peut-être, finalement, que c'est une journée pas trop mal qui commence là.
Je finis par regarder les gens passer. Ils ne font pas attention à moi. Ils doivent plutôt se demander ce que je fous la.
Seul.
J'enfonce un peu plus mon chapeau noir rayé sur ma tête et ferme les yeux, histoire d'être un peu plus tranquille et de ne pas me préoccuper de ce qui se passe autours de moi.

10h25. J'émerge doucement et me lève de mon banc, prenant la direction de la boutique que je connais maintenant si bien.
La petite cloche métallique tinte joyeusement quand je pousse la porte qui grince un peu.
Seb est déjà là.
Seb, c'est un collègue. Un mec bien que je connais depuis un peu plus d'un an. Il m'adresse un grand sourire, ses longs cheveux blonds attachés négligemment dans une queue de cheval.
_Hey ! Ervy ! Comment tu vas aujourd'hui ?
Voila donc Seb. Il a la fâcheuse manie de toujours m'appeler Ervy mais ça ne me dérange plus tellement maintenant. Je m'y fais et puis, finalement, j'aime bien.
_Ca va Seb, ça va. Et toi ? Avec Alixane ?
Alixane, c'est sa copine. Je l'aime bien, elle est très sympa et elle vient aider à la boutique de temps en temps.
_Ca se passe très bien ! On a passé toute la journée d'hier ensemble et on s'est fait un resto.
_Sympa.
_Ouais, très. Bon, on a les jeans qui sont sur le comptoir, là, à ranger. Puis, il faut commencer à virer l'ancienne collection pour mettre la nouvelle. On a du boulot mec !

Je souris faiblement et on se met au travail, la radio réglée sur Le Mouv' comme musique de fond.


POV Kira

Encore une journée qui s'annonce mal. Hier, c'était la première et la dernière fois que j'embrassais Eléanore. Elle m'a plaqué pour un autre cette conne.

J'ai passé une super mauvaise nuit et ma mère ne trouve rien d'autre à faire que de m'engueuler de bon matin en disant qu'il faut que je range mes affaires et que je ne fiche rien, et que je suis un bon à rien et tout le tralala.
Honnêtement, maintenant je commence à avoir l'habitude.

Ca a commencé quand on est rentré d'Afrique, il y'a à peu près un mois. J'ai pensé que ce serait une bonne idée à ce moment là de leur faire part de ma bisexualité.
Mauvaise idée : ma mère m'en veut beaucoup (allez savoir pourquoi) et mon père ne me considère carrément plus comme son fils. Merci papa maman.

La seule chose qui m'inquiète c'est que depuis que leurs chevaux courent moins bien dans les tiercés, comme si les tensions régulières ne suffisaient pas, mon père ne trouve rien de mieux à faire que de rentrer bourré à la maison, au moins une fois sur deux ces temps-ci. J'ai peur que de très mauvaises idées lui passent par la tête. Surtout comme on ne s'entend plus très bien en ce moment, il pourrait en profiter pour...
Enfin bref, je me comprends...

Maintenant que je suis réveillé, je me lève, me lave, m'habille, prend un croissant et je sors vite fait avant que je me fasse engueuler une nouvelle fois. Franchement, pour aujourd'hui, j'ai eu ma dose.

Je me dirige instinctivement vers l'écurie, où je retrouve mon cheval, Ebène.
C'est un étalon noir qui va sur ses 5 ans. Je l'adore.
J'ai fais un concours avec lui la semaine dernière. Il m'a défoncé toutes les barres et on s'est fait éliminer mais ce n'est pas grave.
Je ne lui en veux pas, il est encore un peu jeune.
C'est mes parents qui n'étaient pas contents. Ils disent que je leur jette de l'argent par les fenêtres en ne rapportant même pas un prix et en plus, en me faisant éliminer.
Je pense qu'ils envisagent de vendre Ebène mais si jamais cette pensée leur effleure l'esprit, je ne les laisserai pas faire.
Personne ne pourra me le retirer.
Je flatte une dernière fois son encolure et je vais me promener en ville, histoire de me changer un peu les idées.

Toutes ces embrouilles moi, ça finit par m'énerver aussi.

Je prends ma veste, un paquet de clope caché dans ma chambre, entre mes vêtements et je sors.

Il n'est que 10h00. Elle m'a vraiment réveillé tôt ce matin ma mère. Moi qui comptais faire la grasse matinée, c'est mort.

J'avance les mains dans les poches, sans faire attention à ce qui se passe autours de moi.
Puis, en ayant marre de suivre les lignes du trottoir, je me décide à lever la tête. A cette heure là, les gens attendent tranquillement leur bus, le journal dans une main, la mallette en cuir dans l'autre.
Y'a un mec avec un chapeau qui écoute son i-Pod sur un banc dans un parc.
Une dame qui achète une glace à sa petite fille qui a des couettes et une robe rose toute mignonne.
Ca ne me va pas de dire ça. Mais je le pense.

Je tourne dans une ruelle que j'espère assez tranquille pour fumer seul. Je m'assois sur un petit muret et sors une malboro et un briquet ovale noir et j'allume ma clope.
Je tire deux ou trois taffes en faisant des ronds quand un gros abruti qui a décidé de me faire chier vient rompre ma tranquillité.
Il a intérêt à avoir une raison valide sinon il va retourner d'où il vient ce con.
Il s'approche, avec un petit visage rondouillard et une espèce de sourire supérieur qui me donne envie de gerber.
Il m'accoste brusquement.
_Eh la tapette ! File-moi ton briquet, tes clopes et dégage !
La tapette...
C'est la première fois qu'on me la fait celle-là.
C'est mes cheveux ?
S'ils ne lui plaisent pas, qu'il aille se faire mettre.
Je continue ma clope, j'ai rien à lui dire à ce mec.
_Dis ma belle, tu m'écoutes ?
_Non je ne t'écoute pas ducon et d'abord, je ne suis pas ta belle. Pigé ?

Son sourire disparaît pour laisser place à la fureur.
_D'où tu me parles comme ça toi ?
_Je te retourne la question.

Il se précipite sur moi mais je suis plus agile et en moins de temps qu'il ne faut pour le dire, je suis derrière lui.
_Je suis là.
Il se retourne et je lui balance mon poing en pleine figure. Il s'écroule en gémissant.
Je lui mets ma clope dans sa bouche, il m'a fait passer l'envie.
_Allez mec, ciao !
Et je repars.

Je continue mon chemin. Il est presque 11h00 maintenant, le banc où était le mec au chapeau est libre à présent.

Je décide de m'y installer pour réfléchir.
Réfléchir à quoi ?
Allez savoir...
En ce moment, mon plus gros souci –mis à part que je fume en cachette et qu'il m'arrive des trucs bizarres quelques fois ce qui fait que je prends parfois des antidépresseurs-, c'est mes parents. Franchement, on est plus du tout sur la même longueur d'onde depuis quelques temps.
Surtout avec mon père en fait. Honnêtement, j'ai vraiment peur qu'un jour, il en vienne aux mains.
Je pense que ces changements de caractères sont dus à leur boulot, qui ne marche pas fort ces temps-ci et la super nouvelle que je leur ai annoncé mais bon, ce n'est pas une excuse.
Certainement pas.
Je soupire.
Le mec d'avant a laissé une odeur agréable.
J'inspire et j'expire profondément.
Ca fait du bien.
Il est maintenant plus de 12h30, il faut que je rentre si je ne veux pas semer la pagaille, comme dirait mon père.
Même si je sais quand même que, vu l'heure, je vais sûrement m'en prendre plein la gueule.
En plus aujourd'hui, ma mère a pris sa journée et elle a dû parti s'amuser avec des amies.
Seul avec mon père.
Qui sait dans quel état il sera tout à l'heure.
J'espère juste qu'il ne sera pas bourré.
Pas bourré...

Je suis devant chez moi. Une assez grande maison, il faut le dire. Je m'apprête à entrer mais j'hésite.
Oui, moi, Kira, j'hésite.
Puis j'ouvre.
J'avais raison d'hésiter.
La main de mon père atterrit en plein sur ma joue, me projetant contre le mur.
Ca fait mal.
_AIE ! Putain mais ça va pas !
Une autre.
_Arrête merde !
Encore une.
Putain, j'ai la joue en feu maintenant. Je sens un mal de crâne fulgurant qui me monte à la tête.
_Tu as finit de parler comme ça ? ?
_Non mais ça va pas ? Je rentre et c'est toi qui m'agresse !

Il est parti pour m'en donner une quatrième mais je trouve la force de me baisser.
Il pue l'alcool.
_Tu... tu as encore bu...
_Non !
_Arrête, tu sens l'alcool à des kilomètres !

Il s'approche de moi.
_Tu as fumé.
_Tu bois.
_Tu as fumé !
_Toi, tu bois.
_Tu ne me contredis pas, tu avoues que tu as fumé une putain de clope.
_Je n'ai jamais insinué le contraire. Maintenant laisse moi passer s'il te plaît, t'y est pas allé mollo et je suis fatigué.
_Donne-moi tes clopes.
_Non.
_Donne-moi tes clopes !
_J'en ai plus.

De toute façon, il aura beau chercher partout, il ne les trouvera pas.
Il lève sa main, prêt à me frapper de nouveau.
Je ne bouge pas. Il n'en vaut pas la peine et je n'en ai de toute façon plus la force. J'ai mal à la tête c'est insupportable. Je n'ai qu'une envie : un doliprane ou bien quelque chose de similaire.
_Fouille-moi.
Il me regarda d'un oeil noir, les pupilles dilatées et injectées de sang à cause de l'alcool, sa main toujours levée.
_Fouille-moi si tu ne me crois pas.
Son regard s'adoucit quelque peu, et sa main s'abaissa.
_Monte dans ta chambre.
Je soupire.
Enfin ! J'avais rien demandé moi.
Il commença à crier, avant qu'il ne change d'avis je suppose :
_Dépêche-toi, tu me dégoûtes !
On se demande pourquoi...
Je me relève en chancelant, me tenant au mur et pris lentement le chemin de ma chambre, seul endroit où je pouvais espérer un peu de paix et de tranquillité.

Je ferme la porte à clef derrière moi, préférant rester seul au calme.
J'ouvris le premier tiroir de ma commode et enleva le double fond que j'avais installé.
C'est ici que je cache mes médicaments utiles (doliprane, biafine, compresses...), mes clopes (j'en cache un peu partout, pour plus de sécurité en fait), tout ça quoi.

Je pris un sachet de doliprane et deux gélules d'antidépresseur.
Ouais, je ne me sens pas bien.
Je ne suis pas bien.
Je me sers un grand verre d'eau dans ma salle de bain qui est adjacente à ma chambre et j'avale le tout.
Le doliprane a intérêt à faire effet parce que je ne me sens sérieusement pas bien.
J'ai le tournis, j'ai l'impression que le monde tourne autours de moi, que la terre tangue et n'est pas stable.
Je m'assois précautionneusement sur mon lit et prends ma tête dans mes mains, attendant que ça passe.


POV Erwan

Et voila ! C'est la fin de ma pause ! Il est 13h30 et je viens de reprendre. On a eu pas mal de clients ce matin, plus que d'habitude et on attend au moins la même chose cet après-midi.
Je suis à la caisse et Seb conseille les gens mais on tourne, sinon ça devient vite embêtant.

Pfiou ! La journée se termine enfin ! On a été obligé de fermer plus tard, si bien qu'il est déjà 18h00 passé.
Je vais rentrer chez moi et me faire une pizza en regardant un film.
Ouais, c'est bien.
Pour fêter les vacances...
Après avoir salué Seb et lui avoir souhaiter de bonnes vacances, je prends ma veste, mon chapeau et m'éclipse.
Je vais aussi passer faire des courses parce que je n'ai presque plus rien à manger.


POV Kira

J'ouvre doucement les yeux. Je suis allongé sur mon lit. J'ai probablement dû m'endormir.
Je me relève lentement. Je n'ai plus mal à la tête, le médicament a fait son effet. Par contre, j'ai toujours mal à la joue.
Normal après tout.
Elle doit être bien rouge.
Il est déjà 17h45. Le temps est passé vite dis-donc !
Ou alors c'est moi qui ai beaucoup dormi...
Je pense que c'est plutôt cela.

Enfin bref, là n'est pas la question. Le problème c'est que je commence à sentir mon ventre qui crie famine.
Et moi, je veux bien le comprendre vu que cela fait depuis ce matin que je n'ai rien avalé.
Je sors de ma chambre et descends doucement à la cuisine.
Ma mère n'est pas encore rentrée.
Ah merde ! Par contre mon père dors, affalé sur une chaise, la tête sur la table de la cuisine.
Probablement en train de dessaouler. Mieux vaut ne pas le déranger. Je pense que je vais plutôt m'acheter quelque chose en ville.

Je griffonne rapidement un mot sur un petit bout de papier pour éviter que tout le monde ne s'énerve si jamais je ne suis pas là et sors.

Je m'achète un sandwich dans une boulangerie et m'installe sur le même banc que ce matin. Je commence à manger puis, quand j'ai fini, je me grille une clope. Je ne suis pas accro, je pourrais facilement m'en passer mais quand ça ne va pas, je m'en fume une, histoire de décompresser un peu.

Purée, c'est pas possible, je me suis encore endormi ! Je suis vraiment fatigué en ce moment.
Et ce putain de mal de tête qui revient ! Merde.
Je ferme les yeux à fond et serre les dents très fort. Je passe mes deux mains dans mes cheveux et j'essaye d'oublier.
Oublier...


POV Erwan

Je ne me suis acheté qu'une mini mini pizza finalement. Mais avec plein de fromage !

Je passe devant le banc sur lequel j'étais assis ce matin.
Y'a un mec dessus. Il n'a pas l'air très bien. J'hésite. C'est peut-être un pédophile ? Non, il a l'air vraiment mal.
Oh et puis zut, c'est mon jour de bonté aujourd'hui !

Je m'approche doucement, pour ne pas l'effrayer, comme on approche un chiot craintif. On ne sait jamais. Il est recrovillé sur lui-même et ses mains serrent très fort sa tête, comme s'il y'avait quelque chose à l'intérieur qui le dérangeait et qu'il voulait que ça s'arrête.
Que tout s'arrête.
Il a dû me sentir ou me voir approcher parce qu'il relève faiblement la tête. Ses mèches de cheveux noirs sont collées à son front par la sueur et il respire difficilement, sa respiration est sifflante.
Il ne dit rien, il ne fait rien.
Je me sens un peu bête tout à coup.
Je ne sais pas quoi faire, je ne sais pas quoi lui dire. Alors, d'une voix que j'essaie de paraître calme et rassurante , je lui demande :
_Ca va ?




____________________
Voilaaa !
C'est mon premier chapitre, j'espère que ça vous plaît <3
Merci de me donner vos avis =D
bizoux

# Posté le dimanche 07 octobre 2007 07:40

Modifié le mercredi 16 janvier 2008 12:42

CHAPITRE 2

CHAPITRE 2
_Ca va ?

Bravo moi, je sais vraiment comment aborder les inconnus.
En plus non, je le vois très bien, ça ne va pas fort. Rien que dans ses yeux je peux apercevoir une lueur de douleur et d'inquiétude.
Comme il n'a pas l'air de vouloir me répondre, je m'assois près de lui et je regarde le ciel qui peu à peu prend une teinte orangée à mesure que le soleil disparaît derrière les nuages.

POV Kira

J'ai mal à la tête. J'ai vraiment super mal à la tête. En plus, j'ai encore faim. Mais j'ai la désagréable impression que si j'avale le moindre aliment, il se retrouvera rejeté sur le trottoir par mon organisme.
Et je n'ai pas particulièrement envie de vomir, surtout quand quelqu'un se trouve à côté de moi.
Et qui plus est si ce quelqu'un est le mec au chapeau de tout à l'heure. Impossible de le louper avec cette coupe et ces fringues !
_Ca va ?
C'est lui qui me demande ça. Oui oui tu vois, je pète la forme ! Non mais je vous jure. Je préfère ne pas répondre à cette question. Il a d'ailleurs dû le comprendre car il s'assoit à côté de moi et regarde le ciel d'un air absent.
D'une certaine manière, j'apprécie de ne plus être seul. Qu'il soit là.

Il lève soudain ses yeux bruns pétillants vers moi.
_Tu veux de la pizza ?
Sincèrement ? Oui. Mais j'ai trop peur qu'elle ne passe pas alors je secoue la tête. Il a l'air un peu déçu.
_T'as pas l'air bien. On est à deux pas de chez moi. On peut y faire un tour si tu veux. J'ai des médicaments qui devraient te soulager.
C'est tentant. C'est vraiment très tendant étant donné que je suis vraiment dans les choux.
Alors, je m'entends murmurer un faible « ok » presque inaudible.
Un sourire éclaire son visage et il se lève. Je l'imite plus doucement.
_Bon, bah... suis-moi !
Il est bizarre ce mec. Enfin, je le suis d'un pas mal assurer. Il s'arrête pour m'attendre.

Au bout d'environ 10 minutes de marche, il se stoppe devant un petit appartement qui à l'air confortable.
_Je suis désolé, par contre l'ascenseur est en panne. J'habite au cinquième.
Evidemment.
Je soupire et on monte les marches en silence. Après un petit moment d'escalade, il s'arrête devant une porte noire. Sur le petit papier scotché à côté de la sonnette, on peut lire le nom « Erwan ». C'est tout, juste Erwan.
Il ouvre et pousse la porte, s'écartant pour me laisser passer.
_Euh... ben vas-y, entre.
Je m'avance alors dans l'entrée. Il me suit puis referme doucement la porte derrière lui.

On ne dit rien. Je détaille son petit studio du regard.
C'est petit, c'est vrai mais bien décoré. On sent qu'il l'a fait lui-même, que c'est son style, son oeuvre.
Je dois dire que dans l'ensemble c'est assez joli. Moderne, avec une dominante de noir, de violet et de blanc.

Ce silence commence à être gênant. Il décide de le rompre avec une question
toute simple mais à laquelle aucun de nous deux n'y avait pensé.
_Euh... tes parents... ils ne vont pas s'inquiéter ?
Ouais, pas bête.
_Je vais leur envoyer un message.
Il hoche la tête en signe d'approbation.
_Ben, installe-toi, je vais te chercher quelque chose.
Je ne me fais pas prier et prends place sur un petit fauteuil en cuir noir qui avait l'air confortable.
J'écris un petit sms à mes parents, leur disant de ne pas s'inquiéter, que je rentrerai sûrement tard et tout et tout.
Je joue peut-être avec le feu, étant donné nos relations tendues en ce moment mais bon, j'espère qu'ils comprendront.

« Erwan » revient avec un plateau sur lequel il avait disposé médicament, jus d'orange et même de la pizza encore fumante.
_Euh... si tu as encore mal à la tête, j'ai des calmants. Et sinon, je me suis dis que tu aurais quand même un peu faim...
Je souris un petit peu.
_Merci...
Il me rend mon sourire et posa le plateau près de moi.
_Sers-toi !

POV Erwan


Je lui ai apporté de la pizza. Ce n'est peut être pas la nourriture à avaler dans son état mais quand on a faim, mieux vaut manger, même si c'est ça.
Je lui tends une gélule de doliprane à avaler et un verre de jus d'orange.
_Bois ça avant, ça va te faire du bien.
On dirait une vraie maman poule.
Mais quand même, je me demande ce qu'il faisait tout seul et malade dehors sur un banc à 19h00.
19h00, ce n'est pas l'heure à laquelle toutes les familles normales dînent et se racontent leurs journées, bercés par le rire innocent des enfants ?
_Kira.
_Hein ?

Moi, toujours perdu dans mes pensées, je n'ai pas entendu ce qu'il m'a dit.
Il plonge ses yeux bleu fiévreux et profonds dans les miens.
_Je m'appelle Kira.
_Ah ! Désolé. Moi c'est Erwan.

Il sourit et baisse la tête.

POV Kira

Il s'appelle donc bien Erwan. J'ai envie de lui demandé s'il a une famille. Cette question me titille depuis un moment. Il doit presque avoir le même age que moi et pourtant, il a l'air seul dans ce petit studio.
Pas de photos de ses parents, éventuels frères et s½urs ou autre. Rien de très personnel.
Bon, je me redresse un peu et décide de prendre le médicament parce que ma tête me fait vraiment mal.
J'attrape le verre de jus d'orange et le comprimé qu'il me tend.
Beurk, je déteste les trucs comme ça à avaler. J'ai toujours l'impression que ça reste coincé dans ma gorge et que je vais m'étouffer avec.
Je bois une gorgée et mets l'aspirine dans ma bouche.
Puis, je vide le verre d'une traite.
Ca va tout de suite un peu mieux.
Je prendrai bien le risque de manger de la pizza maintenant.
Je tends la main et chope l'assiette ou la part était posée, toute chaude et fumante.
_Tu ne manges pas ?
_Non, je n'ai pas vraiment faim.

Je n'aime pas être seul à manger mais s'il n'a pas faim, c'est son problème après tout.
Je croque donc dans ma part, savourant la pâte moelleuse et le fromage fondant.

Quand j'ai fini, il n'avait pas bougé. Il était resté tranquillement en attendant que je termine.
Je pose mon assiette sur la table.
On ne parle pas. On attend. Plongés dans nos pensées. Bonnes, ou mauvaises.
Et ce fut moi qui rompis ce silence. Par quelque chose de tout à fait normal que j'aurais dû dire avant.
_Merci.
Il posa son regard sur moi.
_Pas de quoi, c'est normal.
C'est peut-être normal mais moi, je ne sais pas si j'aurais fait la même chose...
Maintenant peut-être.
Bon, il est tard, je devrais peut-être songer à rentrer.
Je me lève doucement, il fit de même.
_Euh... mes parents vont s'inquiéter, je pense que je devrais rentrer.
Il sembla un peu déçu.
_Oh... je comprends.
On se dirigea vers la porte qu'il m'ouvrit.
_C'est bon ? Enfin je veux dire, pour retrouver ton chemin... et ton mal de tête...
_Je vais me débrouiller et ça va beaucoup mieux, merci.
_Ok... bon bah alors... tiens !

Il me tendit un petit bout de papier sur lequel était griffonné un numéro de téléphone.
_Si jamais... tu as des problèmes. Ou je sais pas... enfin, tu pourras toujours m'appeler.
Je pris le papier.
_Merci.
_Ben... rentre bien et soigne-toi bien.
_Merci.

Décidément, je ne sais dire que ça.
Je n'aime pas m'attarder dans ces moments-là alors je partis. Je sentis son regard sur moi jusqu'à que je fus hors de vu puis j'entendis la porte se refermer doucement.

Encore un peu dans les vappes, je descendis l'escalier en me tenant à la rambarde. Il était gentil. Peut-être trop gentil pour moi.

Je ne sais plus où j'en suis. Je n'ai pas envie de rentrer chez moi. J'ai peur de ce qui m'attend une fois là-bas. De l'accueil qu'ils vont me faire. De ce qu'ils vont me dire. De leur réaction. De pleins de choses.
Perdu.
Je suis complètement perdu.

POV Erwan

Bizarrement, je suis un peu triste qu'il soit parti. Il me tenait compagnie et puis il avait l'air d'avoir besoin d'aide.
Résigné, je range le petit tube d'aspirine dans la boite à pharmacie et mets l'assiette dans le lave vaisselle.

J'enfile un jogging en guise de pyjama et je m'allonge sur mon lit, torse nu, les cheveux en bataille, regardant la lune qui brillait parmi le ciel étoilé à travers la fenêtre qui était ouverte.

Je me surpris à penser à Kira. A me demander ce qu'il fait, s'il est rentré, s'il est avec ses parents.
S'il est heureux...

Noyé dans un tas de questions sans réponse, je finis par trouver le sommeil, un sommeil lourd et sans rêves.

POV Kira

J'ai l'impression de faire un remake de ce matin. Je suis devant la porte de la maison mais je n'ose pas entrer.
Il est pourtant plus de 23h00 alors je peux espérer que mes parents dorment. Mais je ne sais pas. Une force inconnue m'empêche d'avancer ma main vers la poignée et de tourner pour l'ouvrir.
Je suis figé, telle une statue.
En plus, comme un idiot, une fois dans la rue j'ai jeté le numéro d'Erwan. Je ne voulais pas l'embêter avec mes soucis, lui en rajouter alors que peut-être lui en avait suffisamment. Je ne voulais peut-être aussi plus le revoir.
De peur de trop m'y attacher.

Finalement, je prends une profonde inspiration et ouvre la porte, ma main ganté d'une mitaine en cuir blanc se refermant sur la petite poignée grise et ronde.

Rien. Les lumières étaient éteintes, la maison plongée dans un silence oppressant.
Je me méfie un peu de cette atmosphère mais je m'avance quand même et, à ma plus grande surprise, rien ne se passe. Je soupire de soulagement et ferme ma porte à clefs.
Puis, trop épuisé pour me changer, je me couche en boxer, la tête remplie de tout ce qui s'est passé ces derniers jours, ces dernières heures.

Je suis réveillé le lendemain matin par les rayons du soleil d'été qui filtrent à travers la fenêtre dont j'avais oublié de fermer le volet la veille.
Je n'aime pas le soleil.
Je me tourne et me retourne dans mon lit, espérant retrouver le sommeil, parti trop vite, mais rien n'y fait.
Alors je me lève, enfile un pantalon de survêt' et une veste que je laisse ouverte. Je descends mais, au lieu d'aller à la cuisine, je me dirige directement vers les écuries.
Je m'approche du box d'Ebène en l'appelant mais, curieusement, il ne vient pas comme à son habitude. Je rentre à l'intérieur et, à ma plus grande surprise, je m'aperçois qu'il est vide.
Paniqué, je vais voir dans toutes les autres stalles, les enclos, les près...
Aucune trace d'Ebène.
Je sens une larme rouler sur ma joue mais je refoule les autres qui s'apprêtent à tomber.
Fou de rage, je rentre en claquant la porte derrière moi. Je trouve mes parents assis tranquillement dans la cuisine, en train de prendre leur petit déjeuner.
_Ou il est ?
Ils me regardent, surpris. C'est ma mère qui répond :
_Mais qui ?
_Ebène !

Mon père prend la relève.
_On a trouvé un particulier qui en demandait un bon prix. On lui a vendu.
_QUOI ?

Là, c'est toute ma rage des derniers jours, trop longtemps refoulée qui faisait surface. Moi qui ne me mettais rarement en colère, ça explosait.
_POURQUOI ? Pourquoi vous avez fait ça ?
_Il ne servait à rien.
_Je vous déteste !

Le visage de mon « père » s'assombrit.
_Répète un peu ?
_Je. Vous. Déteste.

Mon père se leva, prêt à me frapper. Ma mère ne l'en empêchait pas, même si son regard se voila.
C'était dégoûtant. A en vomir.
Moi, je ne bougeais pas.
_Vas-y, je murmure, frappe. De toute façon, je ne vous considère même plus comme ma famille.
Mon « père » et ma « mère » se regardèrent d'un air entendu.
_Et bien alors, pars.
Je relevai alors la tête et les regardai bien dans les yeux, tour à tour, sans flancher.
_C'est ce que je comptais faire.
Ma mère essayait de le cacher mais au fond d'elle, je sentais qu'elle ne s'y attendait pas et qu'elle était triste.
L'autre par contre, semblait plutôt content.
Je monte dans ma chambre, pris un sac et ne mis que le nécessaire : médicaments, antidépresseurs, après en avoir pris 2, à manger et à boire, mon i-Pod et mon portable et quelques fringues.
Je pense que je vais squatter chez Alex.
En espérant qu'il ne soit pas parti...

POV Erwan

Après une nuit assez courte, je me réveille, émergeant du monde neutre et sans
rêves dans lequel j'étais plongé.

Ce matin, je ne mangerais rien.
J'ai peur.
Peur de retomber dans ce cercle vicieux dans lequel je me fais vomir chaque fois que je mange et que je me sens mal.
Car là en l'occurrence, je me sens mal. Peut-être pare que je me sens coupable d'avoir laissé Kira partir alors qu'il avait l'air d'avoir des problèmes. Ou alors parce que je m'en veux d'être seul. Sans famille...
C'est bête. Mais je ne veux pas prendre de risques. Pourtant il faut que je mange.

Alors, résigné, je me dirige vers ma cuisine et prends un petit pain au lait que je fais tourner dans mes mains en l'examinant sous toutes ses coutures comme si c'était un casse-tête chinois avant de me décider à le manger.
Enfin, le manger...
Prendre une petite bouchée, puis une deuxième et, au bout de la cinquième, je ne peux plus.
Je sens que ça remonte, c'est horrible.
Dégoûté, je jette le reste du pain à la poubelle.

Je retourne dans ma chambre et je m'habille.
Je ne sais pas encore vraiment ce que je vais faire de ma journée mais ça ne promet pas d'être bien passionnant.
La routine.

Je vais quand même essayer de me trouver un job pour ne pas rester tout le temps inactif sans voir personne.

Il fait nuit. Je n'ai rien trouvé, pas aujourd'hui. Mais je continuerai de chercher. De toute façon, je n'ai rien d'autre à faire, et il faut bien que je gagne ma vie, d'une manière ou d'une autre...

Tandis que je marche les mains dans les poches, seul, mon chapeau éternellement enfoncé sur mon crâne, je décide de prendre un raccourcie que j'emprunte de temps en temps. La nuit est calme et claire alors autant en profiter, je ne suis pas pressé.
Je m'engage donc dans la petite allée, simplement éclairée par le clair de lune. J'avance d'un pas moyen, attentif à ce qui se passe autours de moi, même si l'activité est rarement au rendez-vous dans ce genre de ruelles.
En tendant un peu l'oreille, je peux entendre de faibles gémissements, provenant du coin de la rue.
Plus curieux qu'apeuré, je m'approche en faisant le moins de bruit possible.

Et là, à ma plus grande surprise, j'aperçois une silhouette qui me semble vaguement familière.
Assise dans un coin, tremblante et respirant apparemment avec difficulté.
Kira.
Habituellement, je ne crois pas au hasard mais là, je me dis que ce n'est pas qu'une simple coïncidence.
Je m'avance rapidement et m'accroupis à ses côtés. Il a de la fièvre et a apparemment du mal à rester conscient.
Je voulus le relever, doucement, et l'emmener à mon appartement qui n'est pas loin du tout quand j'entrevis sa main, serrant fort quelque chose.
Intrigué, je la lui desserra. Faible comme il est, il se laissa faire.



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Tadam !!
Suite is da xD
vos avis ?

# Posté le samedi 20 octobre 2007 09:10

Modifié le dimanche 06 janvier 2008 13:25

CHAPITRE 3

CHAPITRE 3
Faible comme il est, il se laissa faire.

Une petite boîte glissa dans ma main, vide. Des antidépresseurs.
Je ne sais pas ce qu'il avait tenté de faire mais en tout cas, vu son état, je n'en pense pas moins.
Mais je ne vais pas l'embêter avec ça.
Pas pour le moment.
Je le relève donc doucement. Il gémit. J'écarte ses mèches noires de son front brûlant en lui murmurant des « chuuut » rassurants. Il ne tient pas bien debout, il s'appuie de tout son poids sur moi. Je le retiens comme je peux et on commence à avancer. Je lui parle toujours, de tout et de rien, d'une voix douce et calme pour qu'il essaye quand même de rester un minimum conscient.

Après une marche assez laborieuse, le pire ayant été pour monter les escaliers, je l'allonge sur le canapé.
Une fois au calme ; son pouls se met subitement à s'emballer, il commença à trembler. Je ne sais vraiment pas quoi faire alors je pris un gant humide et le passa sur son visage chaud et fiévreux, toujours en lui parlant d'un ton rassurant.
Peu à peu, petit à petit, il se calma doucement. Sa respiration redevint à peu près normale et les tremblements diminuèrent.
Puis, tout à coup, il se leva brusquement, serrant les dents et se tenant le ventre.
_Les... les toilettes...
Je compris immédiatement et l'aida à se lever, prenant la direction voulue. Alors, il s'accroupit et vomit. Je lui tins ses cheveux, qui tombaient en cascade sur son visage, alors qu'il était secoué de spasmes.
Au bout d'un moment, il s'assit à terre contre le mur et se passa la main dans les cheveux, épuisé.
Il était encore très faible.
Je le relevai et l'emmenai dans ma chambre en le soutenant. Après l'avoir allongé sur mon lit, il me regarda.
Je ne l'avais pas vraiment remarqué avant mais il a un beau regard, très doux même si parfois il semble se vouloir dur.
Je pus lire dans ses yeux brillants une lueur de confiance et de reconnaissance.
1 minute plus tard, il s'était endormi. Je souris et sortis en laissant la porte entre-ouverte derrière moi.

En m'installant sur le canapé, je mis de la musique, Papa Roach et me mis à réfléchir. Je réfléchis pas mal en ce moment !
Ce garçon, Kira. Il n'a pas l'air d'aller, je ne peux pas le laisser retourner chez lui dans cet état, surtout que ça n'a pas l'air d'être au beau fixe avec sa famille ces temps-ci.
J'aimerais bien l'aider. Mais pour cela, il faut qu'il m'explique tout ce qui se passe. Ce qui ne va pas, ses craintes. Pourquoi il a fugué. Parce que, ça m'a tout l'air d'une fugue ce qu'il vient de faire.
Enfin bref, là, il est malade. Sûrement à cause des antidépresseurs. Heureusement, je suis arrivé à temps. Au pire, il se sentira mal pendant quelques jours mais au moins, il sera toujours là.
Parce que, je ne suis pas un grand spécialiste mais je pense qu'il aurait pu y rester sur ce coup-là.
En tout cas, si jamais un jour il lui passait l'envie de recommencer, il n'y arrivera pas.
Pas tant que je serais là.
C'est vrai quoi ! On ne tente pas de mettre fin à sa vie comme ça ! Ou alors il faut être vraiment désespéré !
Non, je vais l'aider.
A force de penser comme ça, je finis par m'endormir, moi aussi.

POV Kira

J'ouvre mes yeux lentement. J'ai mal à la tête. Trop mal à la tête. Je tends une main tremblante vers mon front.
Il est vraiment brûlant. Je tourne un peu la tête mais je ne reconnais pas la pièce. Je ne sais pas du tout ou je suis.
Je me souviens d'être parti de chez moi, d'avoir appelé Alex, qui en fait était parti en vacances.
Puis les antidépresseurs. Et ensuite, plus rien.
Je me redresse un peu. Je n'aurais pas dû. Ma tête se met à tourner encore plus violemment. Mais j'ai trop froid. Et j'ai soif.
En fait, je ne me sens pas bien du tout. J'ai la gorge toute sèche.
Je m'assois sur le rebord du lit et je me lève faiblement en m'aggripant aux draps pour ne pas tomber.
Je fais deux ou trois pas chancelants mais je ne peux pas en faire davantage. Mon mal de tête ne fait qu'augmenter. Rester debout me demande un trop gros effort. Je me sens défaillir. Je n'ai même pas le temps d'essayer de me ressaisir que je suis déjà tombé, cognant le parquet dans un bruit sourd.

POV Erwan

Je suis réveillé en sursaut par le bruit de quelque chose de lourd tombant au sol. Je me frotte les yeux, encore un peu endormi et tends l'oreille. Plus rien. Comme je trouve ça louche, je décide quand même d'aller voir. Parce que j'en suis sûr, j'avais beau dormir, je n'ai pas rêvé.
Je fais le tour de mon petit studio, qui est très tranquille en fait et je termine par la chambre de Kira. J'ai, comme qui dirait un mauvais pressentiment.
Je pousse un peu la porte que j'avais laissée entre-ouverte et je fus surpris de ne pas le voir dans son lit.
En promenant un peu mon regard dans la pièce, j'aperçus une forme sombre, accroupi à côté du lit.
_Kira ?
Un regard. Un nom.
_Erwan...
Une voix faible.
Je m'assois à ses côtés.
_Ca ne va pas mieux hein ?
_Pas vraiment...

Je mis ma main sur son front, sous ses innombrables mèches foncées. Comme je m'y attendais, il était chaud. Je lui avais pourtant donné un doliprane.
_Je suis désolé, je ne peux rien te proposer pour le moment, il faut au moins attendre 6 heures et là, ça n'en fait même pas 3. Viens.
Je l'aida à se relever et le rallongea sur le lit.
_Je... j'ai froid...
C'est vrai que malgré la chaleur de son front, il tremblait et ses dents claquaient doucement dans la pénombre de la chambre.
_Attend, bouge pas.
Je mis le chauffage presque au maximum et reviens avec une couverture chaude que je lui mis par-dessus sa couette.
_C'est tout ce que j'ai.
_Merci...
Je m'assis sur une chaise en attendant qu'il se rendorme, ce qu'il ne tarda pas à faire. Il avait le front plissé et bougeait de temps en temps, à intervalles irréguliers. Il devait sûrement rêver.
Je m'attardai un peu pour l'observer. Il avait des traits fatigués et tirés mais malgré ça, il conservait un certain charme. Il avait un visage anodin mais assez fin sur lequel ses mèches étaient collées par la sueur.
Il commença à s'agiter un peu plus, apparemment en proie à un mauvais rêve.
Je m'assis à côté de lui et mis ma main près de la sienne, de manière à ce qu'elles se touchent un peu.
_Si tu as mal, si tu as peur, ou simplement si ça peut te rassurer, serre ma main fort, je lui souffla.
A ma grande surprise, il ouvrit brusquement les yeux et sa main effleura un moment la mienne avant de se resserrer dessus.
Il me regarda, droit dans les yeux, une expression de douleur et de peine sur son visage.
Puis, je vis perler au coin de ses yeux, des petites larmes, qui bientôt se transformèrent en un véritable torrent qui se mit à couler le long de ses joues. Alors, n'écoutant que mon c½ur, je me pencha et le pris dans mes bras. Il me serra. Il me serra fort tout en laissant éclater sa peine et son chagrin. Je sentais ses larmes me tomber dans la nuque, pour finir leur course dans mon T-shirt.
Son corps était soulevé de sanglots qui semblaient ne plus vouloir s'arrêter. Comme si, une fois lancé, rien ne pourrait plus les empêcher de continuer leur chemin vers la tristesse et le désespoir.
_Chuut... chuuut ne t'inquiète pas, ça va s'arranger... ne t'en fais pas, tu n'es plus seul...
Au début, mes paroles n'avaient aucun effet et paraissaient, au contraire, aggraver la situation. Mais peu à peu, je sentis que ses pleurs diminuèrent. Que ses mains se desserrèrent sur mon dos. Que sa respiration redevenait plus régulière. Je me détachai alors tout doucement de lui et remis correctement ses couvertures.
Il m'observait toujours mais cette fois-ci, lorsqu'il se rendormit, il avait l'air plus serein. Je souris et jeta un coup d'½il à ma montre. Il est 4 heures du matin ! C'est vrai que je commence à être fatigué.
Je pris une couverture et m'allongea sur le petit canapé de la chambre. Je ferme les yeux presque instantanément.

POV Kira

Je suis réveillé le matin par le bruit des oiseaux. J'ouvre un oeil, puis deux. Je suis dans une chambre. Ca ne me revient pas. Jusqu'à que j'aperçois une forme étendue sur un petit canapé. Alors là, je me rappelle de tout. Vraiment de tout. Mais ce que je retiens particulièrement, c'est qu'il m'a aidé. Ca doit bien être la première fois que quelqu'un s'occupe de moi comme ça et je lui en suis reconnaissant.
Une fois que je pense avoir émergé assez, je décide de me lever. J'enlève les innombrables couvertures qui me recouvrent et qui me donnent à présent si chaud puis je quitte la chambre sans faire de bruit. Ca va vraiment beaucoup mieux. La nuit dernière n'est maintenant plus qu'un mauvais souvenir.

Je réussis à trouver le chemin de la cuisine, pas très compliqué en soit. Je n'ose pas vraiment toucher à tout alors je me contente de regarder ce qu'il y a pour le petit dèj, c'est à dire pas grand chose. Je ne réussis qu'à trouver un paquet de pains au lait à peine entamé. J'ouvre le frigo et découvre une bouteille de jus d'ananas et des yaourts. Une voix me fait alors presque sursauter derrière moi.
_Je suis désolé mais tu ne trouveras pas grand chose à manger !
Je me retourne et aperçois Erwan, une main dans ses cheveux et un air un peu moqueur sur le visage.
_C'est bon, je ne pouvais pas savoir ! Ca t'arrive de manger toi ?
_Hum... disons que je ne suis pas un gros mangeur.

Je l'observe un moment. Ses cheveux en bataille. Son air encore un peu endormi. Son jogging qui tombe lâchement sur ses hanches fines. C'est vrai qu'il n'est pas bien gros.
_Mouais... bah tu devrais essayer une fois de manger normalement. Tu verras que ça ne te fera pas de mal.
_J'y songerais, merci du conseil.

Il dit ça avec tellement de conviction que je sus tout de suite que ce n'était que des paroles en l'air.
_Bon, c'est bien mignon tout ça mais je mange quoi moi alors ?
Il eut l'air un peu embarrassé.
_Je crois que tu as à peu près fait le tour de ce qu'il y avait. Mais heureusement, j'ai toujours quelque chose en rab, au cas-où.
Il se dirige vers un placard que je n'avais pas ouvert et en sortit plusieurs paquets de gâteaux.
Il les déposa sur la table et pris deux verres et la bouteille de jus d'ananas.
_J'espère que tu aimes parce que moi, je ne bois que ça ! Sinon, j'ai de l'eau si tu préfères.
_Je survivrais.

Il sourit.
_Qu'est ce qu'il y a ? C'était pas supposé être drôle !
_Non rien...
_Pfff.

Il servit du jus d'ananas, bus son verre et le rangea dans le lave-vaisselle. Puis, il se rassit en face de moi, posa ses coudes sur la table, joignit ses mains et mit sa tête dessus.
_C'est tout ce que tu manges ?
Son regard se voila un moment. Et, subitement, il changea de sujet.
_Au fait, ça va mieux toi depuis hier ?
_Oui. Je suppose que c'est grâce à toi.
_On peut dire ça comme ça, oui.
_Merci.
_Pas de quoi, c'est normal ! Bon, je vais te laisser finir, ou plutôt commencer, moi je vais prendre ma douche.


Et il partit. Curieux ce mec. Mais bon, je ne dois pas être mieux à première vue. Je commence donc mon petit déjeuner silencieusement. On ne peut pas dire que je soit dans une bonne situation. Plutôt délicate à vrai dire. Je ne peut plus retourner chez moi. Non seulement, je n'en ai pour le moment aucune envie mais de toute façon, je suis sûr aussi qu'ils ne veulent plus me voir. En tout cas, mon père. Après ma mère... Alex n'est pas là. Je peux, au mieux, espérer qu'à son retour il accepte de me loger chez lui un moment, le temps que je trouve une solution. Mais avant qu'il rentre, il faudra bien attendre 2 bons mois. Il me reste une solution. En espérant qu'il me supporte pendant tout ce temps ! Bon, il faudra que je songe à lui demander. Toute façon, à mon avis, un peu d'activité dans sa vie de devrait pas lui faire de mal.

POV Erwan

Je laisse couler l'eau chaude sur mon corps. Ca fait du bien après cette longue nuit pour le peu inhabituelle. Il faudra qu'on ait une discussion Kira et moi pour mettre les choses au clair.
Après m'être lavé, je m'habilla simplement, c'est à dire un jean troué, une chemise entre-ouverte et puis voila.

Je retrouve Kira qui était à présent dans le salon, en train de regarder la télé.
_La salle de bain est libre si ça t'intéresse !
Il se leva.
_Je t'ai mis une serviette sur le lavabo.
_Merci.

Je pris sa place sur le canapé mais il n'y avait rien d'intéressant au programme. Alors, j'attendis qu'il ait fini.

Et, ce fut environ une demi-heure plus tard qu'il arriva. Ses cheveux, encore mouillés tombaient sur son visage, dans un dégradé parfait. Il avait mis un slim noir, au côté duquel plusieurs chaînes s'entrechoquaient gaiement et au rythme de ses pas. Un T-shirt simple. Une grosse chaîne autour du cou, que j'avais déjà remarqué avant. Et puis c'est tout.
Il s'assit à côté de moi, une jambe repliée sous lui.
_Alors, c'est quoi le programme aujourd'hui ?
Alors là, il est gonflé celui-là ! Je le soigne, je l'accueille et le nourris et il me fait clairement comprendre qu'il compte rester avec moi un moment au moins !
_C'est toi qui va me le dire. T'as pas... une famille ?
Il me regarda avec un regard dur et me répond d'une voix glaciale.
_Plus maintenant.
Ok, ok ! Je ne voulais pas t'énerver.
Je m'assis en tailleur et répliqua, le regard dans le vide.
_Moi non plus.
Il me regarda, surprit.
_Mes parents sont morts dans un accident.
Il baissa les yeux, gêné.
_Désolé.
_C'est rien. Alors, que s'est-il passé ?

Il mit un temps avant de répondre.
_Ils m'ont déçu. Moi aussi, je crois que je les ai déçus. Mais pas de la même manière. Et maintenant, ils ne veulent plus de moi. Moi non plus.
Il ne m'en dit pas plus. A mon avis, je devrais me contenter de ça pour le moment.
On resta silencieux. Puis, finalement, je lui dis :
_Tu sais, si tu veux, tu peux rester en attendant que ça s'arrange entre vous.
Il releva ses yeux tristes vers moi.
_Merci.
_Bon, tu me demandais ce que l'on fait aujourd'hui. Et bien je n'en ai aucune idée !

Un petit sourire éclaira son visage.
_Je pourrais te montrer quelque chose...

POV Kira

Il n'a pas l'air de sortir beaucoup alors il faut bien que je lui montre deux ou trois petites choses intéressantes.
Je pense tout d'abord l'emmener au McDo. Je compte bien le faire manger un peu. Puis, on pourra, je ne sais pas moi ! Aller à la fête foraine qui a lieu pas loin. Ensuite, le soir, on ira manger dans un bowling et quand on sera bien défoncé, on ira faire un tour en boîte.
Voila, ça c'est un bon programme. Je me retourne vers lui et lui expose mon idée.
Au début, il a l'air sceptique mais bientôt, un sourire prit possession de son visage.
_Laisse-moi le temps de prendre deux ou trois petites choses et on y va !
Et il partit.

Il revient bientôt avec une veste façon costar mais customisée à sa manière apparemment, un chapeau, des santiags et les clefs de son appart.
Quant à moi, je mis des converses noires sans lacets et pris ma veste en cuir.
_Prêt !
_Alors c'est parti !


Et nous voila sorti dans la rue. Il ne faisait pas très froid mais une légère brise rafraîchissait l'air quand même.
On marchait d'un pas calme, tranquilles, attentifs à ce qui se passait autour de nous.
_Au fait, me demanda-t-il, tu as quel âge ?
_17 ans et toi ?
_18.
_Tu as des passions ?
_J'aime bien les chevaux et la musique.
_J'ai horreur des chevaux !

Mon c½ur se pinça en repensant à Ebène. Je n'y avais pas beaucoup pensé jusqu'à présent mais c'est dur. Je repris la conversation.
_Tu verras, je te ferai aimer ça ! Et toi, tes centres d'intérêt ?
_La musique, aussi. La guitare, la mode.
_Hum. Ah, on arrive !

Effectivement, la grande enseigne rouge et jaune du fast-food se dressait devant nous.
On poussa donc la porte. Il y avait du monde alors on décida de prendre notre commande et de manger dans le parc comme il faisait beau.






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La suite =D
J'ai essayé de dessiner Kira et Erwan mais mon appareil photo bug donc, je n'arrive pas à les mettre sur mon ordi.
Ce sera pour une autre fois ^^
Bonne fin de vacances !

# Posté le dimanche 04 novembre 2007 14:26

Modifié le mercredi 16 janvier 2008 14:27